Remettre les savoirs au coeur de nos approches

Pour répondre efficacement à un problème donné l’ingénierie humaine a déjà mis au point des organisations (administrations, entreprises, associations) dont la structure était adaptée à l’objectif. L’entreprise par exemple sait mieux qu’aucune autre organisation se faire le creuset des savoir-faire nécessaires à la conception de produits à forte valeur ajoutée. Chaque métier sait ce qu’il a à faire pour contribuer à l’activité globale. L’environnement concurrentiel et les modes d’organisation et de management que cela entraîne tendent à favoriser l’intégration des différents métiers en un processus commun qui se veut le plus efficace possible. De nombreuses entreprises savent être créatives et innovantes et proposent des solutions à de nombreux problèmes.

Si un modèle aussi intégratif existe déjà pourquoi faire un pas en arrière et reparler de disciplines scientifiques, de matières presque scolaires, comme nous comptons le faire ici ?

Les disciplines structurent les savoirs, elles ont une histoire, une logique interne qui permettent d’aller fondamentalement au-delà de la conception d’un bien ou d’un service particulier. Les disciplines scientifiques donnent une méthode pour naviguer dans ce que l’on sait et explorer ce que l’on ignore. Or aujourd’hui il devient absolument vital de remettre le savoir et l’ignorance au coeur de nos activités économiques et politiques.

Toutes les grandes questions que l’on se pose entretiennent un rapport particulier avec les savoirs. N’ambitionne-t-on pas de construire une économie de la connaissance, de bâtir une croissance intelligente ?

Les enjeux et les objets dynamiques ou émergents avec lesquels on interagit présentent tous un caractère complexe. Que l’on parle d’écosystèmes, de dynamiques climatiques, d’opérations financières ou de rapports sociaux prolongés par le numérique il s’agit toujours de questions caractérisées par un grand nombre de déterminants, de parties-prenantes et un écheveau de relations les tissant ensemble. Elles n’impliquent plus seulement des rapports d’homme à homme, parlant un langage commun mais intègrent le monde qui nous entourent et des organisations qui ont leurs dynamiques propres. Il ne s’agit pas uniquement de relations de causalité mais d’actions et de rétroactions croisées. Ces questions sont alors marquées par un contexte général d’incertitude et de doute.

On n’a jamais produit autant d’information et pourtant on n’a jamais été aussi loin de tout savoir. Ces incertitudes, ces montagnes de données que l’on sait produire, recenser et stocker nous mettent face à l’ampleur de la Terra incognita qui se trouve face à nous.

Au delà des stocks immenses d’informations, ce sont des flux toujours plus rapides et plus importants qui circulent au quotidien nous plaçant de fait dans un monde où l’équilibre ne peut-être que dynamique, où une idée n’est la bonne qu’un instant, où il n’y a que ce qui bouge qui est stable.

La gestion des données, de la connaissance (ou du potentiel de connaissance) qu’elles représentent ou renferment, des savoirs qui se construisent et de la part d’inconnu et de doute est un enjeu primordial rencontré à chaque détour par le décideur et par le citoyen.

Les sciences (naturelles, humaines et sociales) sont justement spécialisées dans l’appréhension de ces processus. Méthodiques, elles sont armées pour y faire face. Elles peuvent se faire porte-paroles du monde, étudier les rétroactions, modéliser, observer, organiser. Même si les résultats scientifiques sont toujours améliorables, ne disent pas tout, sont incapables (mais ce n’est pas leur rôle) de lever toutes les incertitudes, les sciences peuvent renseigner, représenter, expliquer des éléments. Comme ne cessent de le défendre certains auteurs, philosophes, sociologues ou historiens (M.Serre, B.Latour, D.Pestre….) les sciences doivent entrer en politique et le politique doit savoir dialoguer avec les sciences.

Attention toutefois à ne pas oublier de reconstruire une vision globale, de mettre en perspective. Les disciplines scientifiques peuvent découper le monde en petites parcelles plus faciles à étudier. Elles peuvent dresser des représentations simplifiées et utiles du monde, mais il ne faut en aucun cas conserver chaque résultat isolé des autres. Il faut retisser les liaisons et les solidarités pour que puissent émerger de vrais éléments de réponse. C’est là qu’apparaît toute l’importance de l’interdisciplinarité.

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